Une fois encore, tandis qu’une crise majeure secoue le monde, les gouvernants européens ne parviennent pas à surmonter leurs divergences. Face à une nouvelle dégradation de la situation au Proche-Orient, l’absence de diplomatie européenne s’impose au grand jour. Pis, les parties prenantes ont beau jeu d’utiliser la diversité de nos diplomaties nationales pour geler l’influence de l’Europe. Pour autant, cela ne se fait plus au profit des Etats-Unis, comme il y a encore quelques années. Les temps ont changé et la première puissance du monde elle-même n’est plus en mesure de peser comme hier, alors que l’on mesure chaque jour plus précisément que la décision d’envahir l’Irak aura été une erreur de portée historique. Muette aujourd’hui, inaudible en 2003, l’Europe s’efface à l’occasion d’une grande crise politique internationale. Si l’Union devait demeurer ainsi, incapable de peser sur le cours des événements planétaires aussitôt qu’ils prennent un tour plus grave, il sera légitime de s’interroger sur son destin dans un monde de plus en plus agité où l’on devine l’arrivée à maturité de quelques défis redoutables. En agissant séparément et selon des chemins différents, je vois mal comment les nations européennes pourront contribuer efficacement à la pacification du monde et garantir, in fine, la sécurité des Européens.
En effet, je suis tout à fait d'accord avec vous : l'Europe... dort ! Dans ce conflit horrible au Liban, quelle est la voix de L'Europe ? ("Ah non, c'est pas cool les gars, arrêtez ça tout de suite") c'est à peu près ça, non ? Et ça laisse le champ à la grosse voix des US, je suis d'accord, beaucoup moins assurée qu'hier, mais quand même, elle a "l'avantage" d'être plus précise ("Israël a le droit, hein, mais tapez quand même pas si fort !")... Et mes pensées vont à tous mes amis libanais, et à tout le peuple libanais en général, fuyant à nouveau sous les bombes, alors qu'une partie de la diaspora était revenue depuis une dizaine d'années pour essayer de reconstruire et, enfin, envisager un avenir... Personne ne va se souvenir que le gouvernement israélien, qui réclame l'application de la résolution de l'ONU sur le désarmement du Hezbollah donne envie de pleurer, compte tenu que cet Etat transgresse depuis trente ans les résolutions demandant le retrait des territoires occupés ? Enfin, le sujet n'est pas là... mais plutôt dans l'immobilisme de l'Europe : voyez Cuba, qui depuis quarante ans, exerce une tyrannie et une asphyxie sur son peuple, sans que l'Europe ne lève le petit doigt, à part des prétendues-sanctions après que 75 journalistes et intellectuels ont été jetés en prison après un procès d'opérette... Vous l'avez entendue la voix de L'Europe ? Ah, oui, à un moment donné il y a eu des "sanctions", vite enlevées car Castro avait "fait un effort", libéré un journaliste et poète qui risquait de mourir en prison et de faire tache au yeux de l'opinion internationale.... Eh ben, les fameuses sanctions, c'était, tenez-vous bien : "puiske c'est ça, on va inviter les dissidents -enfin ceux qui sont pas en taule- à nos fêtes nationales dans les ambassades européennes à La Havane !!! Ca c'est de la sanction, sont vraiment méchants les Européens, heureusement ce fut de courte durée... Alors quand on essaie de former le début d'un embryon d'Europe politique, y disent quoi les Français, hein ? Y disent : "NAN" !
Rédigé par : catigo | 24 juillet 2006 à 09:19
M. Reynié, c'est avec plaisir que je vois une personne qui réagit également au fait que l'Europe pourrait peser beaucoup plus dans ce conflit.
En ce moment aux Jeunes Européens France (dont je fais parti), nous avons un de nos membres au Liban. D'après son blog (http://quelquesmotsduliban.over-blog.com/), il nous explique dans une de ses notes que les libanais ne considèrent pas encore l'Europe comme une puissance... Ce qui est bien la preuve de ce que vous dîtes !
Nous vons fait un article à ce sujet dans le Taurillon.fr, notre webmagazine (sur http://taurillon.fr ). Nous sommes dans la même lgne que vous. Cependant, nous pensons que l'avenir de l'Europe politique doit etre fédérale, car comment peser dans ce type de conflit avec l'Europe actuelle ou une Europe "à la congrès de Vienne" ?
Rédigé par : Fabien | 24 juillet 2006 à 23:22
Dans mon souvenir, la majorité des gouvernants européens en place en 2003 étaient favorables à l’intervention américaine en Irak. Jacques Chirac avait d’ailleurs à l’époque soulevé un tollé en s’élevant contre une lettre de soutien à l’intervention rédigée et signée par les chefs de gouvernement de huit pays d’Europe centrale et orientale. La France, pays dans lequel un tiers de la population considère les Etats-Unis comme le pays qui menace le plus la paix dans le monde, bien avant l’Iran, le Pakistan ou la Corée du Nord, était en effet opposée à l’intervention tout comme, et c’est un fait majeur, la grande majorité de la population européenne. La situation est-elle vraiment différente aujourd’hui ? L’Europe a voté il y a une semaine un texte qui légitime les frappes israéliennes. Certains pays -l’Espagne, la Finlande- ont émis des critiques envers l’Etat hébreu mais celui-ci a le soutien, entre autres, de la République tchèque, de la Hongrie, du Danemark, de l’Allemagne, du Royaume-Uni. Encore une fois, la France est minoritaire au sein de l’Union à 25. Cela bien sûr ne veut pas dire qu’elle ait tort. Chacun connaît et comprend les difficultés de définir une position européenne commune sur ces questions précises de politique étrangère mais il serait néanmoins bon que les Français cessent de voir l’Union comme une France en grand et de considérer qu’elle est muette ou inaudible quand la majorité de ses Etats affichent une position qui n’est pas celle des gouvernants français. Enfin, cette nouvelle guerre au Liban est une occasion de plus de nous faire regretter le « non » à la Constitution européenne qui tentait de donner à l’Europe les moyens de faire entendre sa voix et, par conséquent, de garantir la sécurité des Européens.
Rédigé par : corinne | 24 juillet 2006 à 23:25